Légiférer ou pas?

Loi zéro émission
4 août 2017

Encore une fois, l’industrie automobile tente de ralentir le transfert technologique de l’essence vers l’électricité, un transfert nécessaire et déjà amorcé dans la plupart des pays démocratiques, et cela sous différentes formes. Le Québec a choisi de légiférer en instaurant une loi zéro émission.

L’industrie automobile et sa filière ont eu amplement l’occasion de présenter leurs arguments contre la loi zéro émission en commission parlementaire et par le biais des médias. Les partis politiques québécois ont appuyé à l’unanimité l’adoption de la loi zéro émission en octobre 2016… à l’unanimité! Aller à l’encontre de ce fait est anti-démocratique.

La voiture électrique n’a pas à rencontrer les mêmes critères commerciaux que la voiture à essence. Logiquement, nous ne devrions plus avoir de discussion sur les choix possibles entre une voiture polluante et une voiture non polluante. A partir du moment où la voiture à essence a un substitut, ce qui est le cas maintenant, il faut se faire à l’idée et aller de l’avant, et ceci est particulièrement vrai au Québec, paradis de l’hydro-électricité.

Depuis l’apparition des voitures électriques sur le marché, il y a quelques années, on nous a répété sans cesse que ces véhicules sont trop chers et qu’ils n’ont pas assez d’autonomie. Pourtant, l’autonomie a pratiquement triplé (Chevrolet Bolt) et il n’est plus nécessaire de payer plus de 100 000$ (Tesla) pour se la procurer. Ces jours-ci, l’IEDM nous informe que la technologie n’est pas encore prête. Que faut-il maintenant pour satisfaire l’IEDM? 1 000 km d’autonomie? une voiture solaire? la fusion nucléaire?

L’instauration de la loi a pour but d’accélérer un mouvement trop lent vers l’électricité à cause d’une industrie qui prône le statuquo. L’industrie peut faire mieux et plus rapidement. Si elle avait fait preuve de bonne foi envers la filière électrique, il n’y aurait pas de loi zéro émission.

Faut-il rappeler que l’essence une fois brûlée est un gaz mortel. Y-a-t-il beaucoup d’appareils en vente libre qui peuvent laisser échapper un gaz mortel? Il se vend plus de 450 000 voitures neuves au Québec à chaque année. Le lobby du pétrole est si puissant et si efficace qu’il nous amène à penser que la voiture à essence est irremplaçable. Il existe maintenant un substitut à la voiture à essence et c’est la voiture électrique. Qu’on le veille ou non, il faudra s’adapter aux changements technologiques, comme nous avons dû le faire dans le passé avec d’autres technologies dans différents domaines. A moins bien sûr qu’on trouve une meilleure solution.

Renversons donc plutôt le fardeau de la preuve. Écoutons les arguments de l’industrie automobile pour trouver des solutions concrètes et immédiates. Les manufacturiers automobiles sont riches en ressources financières, humaines et scientifiques pour développer les innovations technologiques requises pour nous sortir de l’ère du pétrole.

Si on ne peut pas se fier aux manufacturiers automobiles, le gouvernement se voit alors obligé de légiférer, il n’y a pas d’autres alternatives. L’industrie n’a qu’à s’en prendre à elle-même pour son manque de vision et sa résistance au changement durant les dernières décennies.

Les manufacturiers ne veulent pas de loi, mais sont bien heureux que les gouvernements subventionnent la voiture électrique. Ceci leur permet de maintenir des prix plus élevés. La loi zéro émission vient équilibrer le rapport de force et accélérer le mouvement vers le consommateur. Les subventions, temporaires durant l’introduction de la technologie, sont compensées par l’imposition de quotas, bien minimes, variant entre 1 et 3% des ventes. La France et la Grande-Bretagne ont décidé de bannir complètement les voitures à essence en 2040. Ceci équivaut à 4,5 % par an de ventes de voitures électriques, à la condition de commencer maintenant.

L’opération est à coût nul pour l’état. La perte de taxes sur les carburants est compensée par la vente d’électricité, provenant des surplus d’Hydro-Québec, et par l’activité économique provenant de la diminution des importations de pétrole, qui siphonnent l’économie québécoise de 14 milliards par année. Chaque 1% de la flotte de voiture transformé en voiture électrique, permet de réduire de 140 millions annuellement le déficit commercial du Québec.

Quant aux subventions, une simple taxe sur l’essence de 2 cents le litre suffirait pour les financer. Une forme de bonus malus, qui existe dans de nombreux pays, à des niveaux beaucoup plus élevé. 2 cents représentent environ 35$ par année pour l’automobiliste moyen. Existe-t-il un automobiliste sur terre qui ne peut se payer un imprévu de 35$ par année, et ce pour avoir le droit de continuer à polluer librement? Désolé d’être aussi direct, mais les arguments qui sont amenés sur la place publique par les partisans du statuquo nous forcent à dire les choses telle qu’elles sont.

L’IEDM avance que le coût du programme fera augmenter le prix des voitures à essence de 175$. Bien que cela n’a été observé nulle part ailleurs ou de telles législations sont déjà en place, pour les manufacturiers qui ne voudront pas offrir de voitures électriques, le coût des crédits augmentera inévitablement leurs dépenses. Ceux qui en vendront n’auront pas à payer ces crédits. On peut compter sur le système capitaliste pour équilibrer les prix, cela s’appelle la compétition.

La voiture électrique est une bonne chose pour le citoyen, pour l’état et pour l’environnement. Elle est fiable et agréable à conduire. La technologie est prête et testée depuis longtemps. Les économies de carburants et de frais d’entretien, ainsi que la subvention à l’achat font qu’elle se compare en terme de coût à une voiture de 20 000$. Le prix moyen payé au Canada pour une voiture neuve est de 26 000$. Il est faux de dire qu’elle est chère, ce n’est plus vrai.

Pour terminer, nous encourageons vivement les manufacturiers automobiles à soumettre des propositions plus efficaces que la voiture électrique afin de réduire les gaz à effet de serre. En attendant, le gouvernement doit continuer à légiférer afin de les aider à réfléchir.

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26 octobre 2016 – Adoption du projet de loi 104

Le gouvernement adopte à l’unanimité le projet de loi 104 visant à accroître le nombre de véhicules électriques vendus par les fabricants automobiles au Québec.

L’adoption de la loi zéro émission confirme le leadership
du Québec en matière d’électrification des transports

Montréal, le 26 octobre 2016 – La Coalition zéro émission Québec (CZÉQ) est très fière de l’adoption unanime du projet de loi 104 par l’Assemblée nationale du Québec et considère qu’il s’agit d’une étape importante visant la réduction des GES, la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques.

« Cette loi offrira aux consommateurs québécois le choix d’un plus grand nombre de marques et de modèles de véhicules électriques répondant à une demande croissante. Nous soulignons le leadership dont fait preuve le gouvernement du Québec avec l’adoption de la première loi zéro émission au Canada. », déclare François Bérubé, président de la CZÉQ.

« Cette loi contribuera significativement à l’atteinte de l’objectif de 100 000 VZE d’ici 2020 en incitant les constructeurs à vendre un pourcentage de leur production en VZE sur le marché québécois et, jumelée aux autres mesures incitatives applicables au Québec, elle consolidera la position de tête du Québec parmi les provinces canadiennes en termes de nombre de véhicules électriques sur les routes », précise Mario Langlois, vice-président de la CZÉQ.

À propos de la Coalition zéro émission Québec – La CZÉQ est un organisme à but non lucratif qui regroupe un grand nombre de partenaires et de collaborateurs qui partagent la même mission, soit celle de soutenir le gouvernement du Québec dans l’adoption d’une loi zéro émission.

Pour information :

Mario Langlois, vice-président / mario.langlois@langlois.ca / 514-262-8185


Projet de loi no. 104 (2 juin 2016 – PDF)
 
 
 

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Communiqué de presse de la CZÉQ – 23 octobre 2015

La CZÉQ à la consultation parlementaire sur la cible de réduction des GES :
Une loi zéro émission pour éviter 3Mt de GES en 2030

Québec, le 23 octobre 2015 – La Coalition zéro émission Québec (CZÉQ) a présenté son mémoire devant la Commission des transports et de l’environnement dans le cadre de la consultation sur la cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) pour 2030. La CZÉQ a d’ailleurs profité de l’occasion pour féliciter à nouveau le gouvernement de l’annonce faite le 9 octobre dernier d’inclure l’adoption éventuelle de normes VZÉ dans son Plan d’action en électrification des transports 2015-2020.

« Nous sommes d’accord avec la cible de réduction des GES proposée par le gouvernement et considérons que l’objectif d’atteindre 100 000 véhicules électriques d’ici 2020 est une cible complémentaire qui contribuera de façon significative à la réduction des émissions de GES au Québec. Nous croyons également que l’adoption de normes VZÉ est une mesure nécessaire pour stimuler l’offre de véhicules électriques et qu’elle présente en plus d’autres avantages d’ordre économique qui sont détaillés dans notre mémoire », déclare Mario Langlois, vice-président de la CZÉQ.

En ce qui concerne spécifiquement la réduction des émissions de GES, la CZÉQ rappelle qu’un consommateur qui remplace un véhicule à essence par un véhicule électrique au Québec réduit du jour au lendemain de 100% les GES qu’il produit pour l’utilisation de sa voiture. « En accélérant le rythme d’adoption des VÉ, une loi zéro émission (LZÉ) contribuera à maximiser l’impact sur le bilan GES de la province : sans LZÉ, l’effet du parc de VÉ sur les GES d’ici 2030 serait de l’ordre de 0,8 Mt alors qu’une LZÉ, en stimulant l’offre des VÉ, résultera en une réduction des émissions de GES de 3 Mt sur les 15 Mt visées par le gouvernement. C’est une contribution substantielle, à un coût pratiquement nul », précise François Bérubé, président de la CZÉQ.

« Chaque VÉ rapporte environ 20% de revenus de plus que son équivalent à essence au gouvernement en recettes fiscales, en ventes d’électricité et en crédits carbone. Les 100 000 véhicules visés en 2020 génèreront ainsi environ 13M$/an en GAINS », ajoute François Bérubé.

La CZÉQ recommande donc au gouvernement du Québec de procéder rapidement à l’adoption des normes VZÉ.

Mémoire et présentation :
 
Communiqué de presse suite à la présentation du mémoire à la Commission des transports et de l’environnement (23 octobre 2015)

Mémoire de la CZÉQ présenté à la Commission des transports et de l’environnement (22 octobre 2015)

Allocution suite à la présentation du mémoire à la Commission des transports et de l’environnement (22 octobre 2015)

Présentation animée « Zéro émission = zéro impact sur les finances de l’État » (22 octobre 2015)

Présentation PDF « Zéro émission = zéro impact sur les finances de l’État » (22 octobre 2015)

Présentation PDF « Point de vue économique » (22 octobre 2015)

Pour information :
Coalition zéro émission Québec www.czeq.org

– François Bérubé, président / fberube@czeq.org / 514-768-0548
– Mario Langlois, vice-président / mlanglois@czeq.org / 514-262-8185
– Yvon Bergeron, porte-parole / ybergeron@czeq.org / 514-883-4472

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Plan d’action 2015-2020 en électrification des transports : Sans loi zéro émission, l’offre de véhicules électriques au Québec restera insuffisante

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE LA CZÉQ – 14 octobre 2015

Plan d’action en électrification des transports 2015-2020 :
Une loi zéro émission adoptée en 2016 pour atteindre la cible de 100 000 véhicules électriques

Montréal, le 14 octobre 2015 – La Coalition zéro émission Québec (CZÉQ) réserve un accueil favorable au Plan d’action en électrification des transports 2015-2020 lancé le 9 octobre dernier par le gouvernement du Québec et surtout à l’énoncé de sa volonté d’implanter une norme VZÉ au Québec

La CZÉQ, dont la mission est de promouvoir l’adoption d’une loi zéro émission au Québec, constate toutefois que l’objectif d’atteindre 100 000 véhicules rechargeables sur les routes du Québec d’ici 2020 ne pourra pas être atteint si la norme VZÉ n’est pas adoptée rapidement.

« Nous nous réjouissons que le gouvernement annonce sa volonté de mettre en place une telle réglementation et nous souhaitons que celui-ci l’adopte dès 2016 afin que les consommateurs du Québec puissent enfin avoir accès à un plus large choix de véhicules rechargeables et à un inventaire adéquat favorisant une augmentation des ventes », déclare Yvon Bergeron, porte-parole de la CZÉQ.

L’Association canadienne des constructeurs de véhicules ainsi que la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec font fausse route en prétendant qu’une loi zéro émission aura pour effet de « forcer » les décisions des consommateurs sans tenir compte de leurs besoins. « Au contraire, c’est grâce à une telle norme que les consommateurs auront accès à un plus large choix pour l’achat de véhicules rechargeables pouvant répondre à leurs différents besoins. Sans réglementation, certains constructeurs continueront à freiner le développement du marché des véhicules rechargeables. Leurs récentes communications et l’état des inventaires sur les marchés non réglementés en sont une démonstration éloquente », ajoute François Bérubé, président de la CZÉQ.

La CZÉQ, dont les membres sont tous des promoteurs enthousiastes de l’électrification des transports, tient également à souligner d’autres aspects positifs inscrits dans le Plan d’action du gouvernement, notamment une campagne de communications sur les véhicules électriques, le maintien et la prolongation du rabais gouvernemental à l’achat d’un véhicule rechargeable ainsi que du programme Branché au travail, la poursuite du développement du réseau de bornes de recharge, et l’accès aux voies réservées. La CZÉQ reconnait là d’importantes mesures qui contribueront à ce que de plus en plus d’automobilistes choisissent de s’affranchir de la dépendance au pétrole et se tournent vers l’énergie propre du Québec pour leurs déplacements.

À PROPOS DE LA CZÉQ
La Coalition zéro émission Québec (CZÉQ) est une association sans but lucratif qui regroupe des partenaires et des collaborateurs pour promouvoir l’adoption d’une loi zéro émission pour le Québec. Une telle loi existe déjà en Californie et dans neuf autres états américains. Une loi zéro émission vise à assujettir les constructeurs automobiles à des pénalités lorsqu’ils choisissent de ne pas offrir sur le marché un certain nombre de véhicules à zéro émission de gaz d’échappement. Les membres de la CZÉQ sont l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), l’Association des véhicules électriques du Québec (AVÉQ), le Club Tesla Québec, le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), Équiterre, la Fondation David Suzuki, l’Institut de recherche en architecture sociale durable (IRASD), Nature Québec, le Regroupement des amateurs véhicules électriques (RAVÉ), RoulezÉlectrique.com, et le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ).

Pour information :
Coalition zéro émission Québec www.czeq.org
François Bérubé, président – fberube@czeq.org, 514-768-0548
Yvon Bergeron, porte-parole – ybergeron@czeq.org, 514-883-4472

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Loi zéro émission ou système à la norvégienne?

Lors de son allocution à l’événement Branchez-vous le 18 avril dernier, le ministre des Transports, M. Robert Poëti s’est fait demander s’il appuierait une loi zéro émission au Québec ou un système à la norvégienne comme le privilégie l’Association canadienne des constructeurs de véhicules pour favoriser l’essor des véhicules électriques au Québec. Le ministre a répondu qu’il ne souhaite pas imposer de punitions, mais préfère donner des récompenses.

Loi zéro émission : récompenses

Une loi zéro émission a pour but de rendre les voitures électriques plus accessibles et plus abordables en obligeant les constructeurs automobiles à vendre une proportion croissante de celles-ci. Onze états américains, représentant près du tiers de leur marché, ont déjà adopté une telle loi.

Cette loi récompenserait non seulement les consommateurs québécois en leur facilitant l’accès aux véhicules électriques, mais aussi les manufacturiers qui investissent dans le développement des voitures électriques. En effet, en dépassant leur quota de vente, cela leur permettrait de vendre des crédits aux manufacturiers qui n’atteindraient pas ces quotas.

Soulignons que comme il n’y a présentement pas de loi zéro émission au Québec, certains manufacturiers refusent de vendre leurs véhicules électriques ici alors que d’autres les offrent au compte-goutte, ce qui punit les consommateurs québécois.

Système à la norvégienne : récompenses ET punitions

De son côté, l’industrie automobile canadienne s’est prononcée contre une loi zéro émission au Québec, disant privilégier un système à la norvégienne où un véhicule électrique bénéficie de toute une série d’avantages tels que les exemptions de toutes les taxes. L’industrie canadienne souhaite donc que le gouvernement augmente les avantages sans avoir à rendre de comptes.

IMPORTANT : Le système norvégien taxe lourdement les acheteurs de véhicules thermiques en fonction de 3 critères : poids, puissance et émissions de GES.

Par exemple :

– une Toyota Yaris qui coûte ici environ 17 000$ en coûte 30 000$ en Norvège,
– une Hyundai Santa Fe qui coûte ici environ 32 000$ en coûte 85 000$ en Norvège.

M. Nantais, de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, a admis ne pas aimer cet aspect du système norvégien. Or, c’est justement le fait que les taxes peuvent aller jusqu’à plus de 150% du prix de vente pour les véhicules à moteur thermique alors qu’il y a exemption de toutes taxes sur les véhicules électriques qui rend ces derniers si populaires en Norvège.

Sachant cela, est-ce vraiment ce que le gouvernement souhaite au Québec?

Toute hausse de subvention à l’achat de voitures électriques, comme le souhaite l’industrie automobile, pénaliserait non seulement les contribuables, mais aussi les finances du Québec.

C’est pourquoi la Coalition zéro émission Québec (CZEQ) est d’accord avec le ministre qui dit préférer les récompenses aux punitions dans la mesure où les bénéficiaires de ces récompenses sont les consommateurs québécois et non pas les manufacturiers récalcitrants à vendre des voitures électriques.

Et c’est aussi pourquoi la Coalition zéro émission Québec est favorable à une Loi zéro émission plutôt qu’à un système à la norvégienne.

Yvon Bergeron
Porte-parole
Coalition zéro émission Québec (CZEQ)

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Conférence de presse annonçant la création de la Coalition zéro émission Québec (CZÉQ)

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Augmenter l’offre de véhicules électriques au Québec
Une coalition appuie la mise en place d’une loi zéro émission

Montréal, le 31 mars 2015 – La Coalition zéro émission Québec (CZÉQ), formée d’entrepreneurs, de scientifiques, de professionnels, de groupes de propriétaires et d’enthousiastes de véhicules électriques et de groupes écologistes, a été lancée ce matin pour inciter nos élus du Québec à adopter en 2015 une loi zéro émission inspirée de la loi Californienne.

Une telle loi imposerait aux constructeurs automobiles de mettre à la disposition des consommateurs un nombre croissant de véhicules dont les émissions de gaz à effet de serre (GES) et autres polluants atmosphériques sont nulles ou presque nulles à l’échappement. Il s’agit principalement de véhicules hybrides, hybrides rechargeables ou 100% électriques. Une loi zéro émission établira également des objectifs de vente selon les différents types de véhicules. Actuellement, onze états américains, dont plusieurs limitrophes au Québec, ont déjà adopté une loi zéro émission : Californie, New York, Vermont, Massachusetts, Connecticut, Maine, New Jersey, New Mexico, Rhode Island, Maryland et Oregon. En Californie, la loi zéro émission est en vigueur depuis maintenant 25 ans.

L’adoption d’une loi zéro émission permettra d’avoir plus de choix de modèles de véhicules électriques pour répondre aux besoins spécifiques de chacun. Pour le moment, plusieurs modèles ne sont disponibles que là où il y a une loi zéro émission (donc non disponibles au Québec) : Chevrolet Spark, Volkswagen E-Golf, Mercedes B200 ED, Honda Fit EV, etc.

En plus de ne rien coûter à l’État, cette loi permettra de diminuer notre dépendance au pétrole, de contribuer à améliorer la balance commerciale du Québec, de favoriser le développement économique dans un domaine de pointe, de réduire de façon significative les émissions polluantes et de valoriser l’électricité propre du Québec.

La coalition invite les citoyennes et citoyens à participer au mouvement en remplissant le formulaire d’appui disponible sur son site Internet à www.czeq.org.

Liste des membres de la CZÉQ

• Association des véhicules électriques du Québec (AVÉQ)
• Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)
• Club Tesla Québec
• Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE)
• Fondation David Suzuki
• Nature Québec
• RoulezÉlectrique.com
• Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ)
• Regroupement des amateurs de véhicules électriques (RAVÉ)

SOURCES
Coalition zéro émission Québec (CZÉQ)
Yvon Bergeron, porte-parole | 514-883-4472

Nature Quebec www.naturequebec.org
Christian Simard | 418-928-1150

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Pétrole ou électricité ?

L’article de Pierre-Olivier Pineau paru dans La Presse du 13 mars dernier nous apprend que les québécois aiment conduire des VUS, si bien que, pour la première fois de notre histoire, il se serait vendu plus de VUS que de voitures. La baisse du prix de l’essence est probablement en partie responsable de cette situation. Les ventes de camions légers ont également augmenté depuis les deux derniers mois. Ceci n’est pas une bonne nouvelle pour les GES, ni pour la balance commerciale du Québec, chaque dollar de pétrole étant importé. A partir du moment où nous voulons vraiment réduire les GES et notre dépendance énergétique, quelles solutions s’offrent à nous? Imposer une taxe sur les VUS et espérer que cela change les comportements humains? Investir dans le transport en commun? Remplacer les moteurs à essence par des moteurs électriques à zéro émission?

Il y a quelques années cette dernière solution semblait une utopie, pourtant aujourd’hui même, cette technologie existe et fonctionne, même dans les pays nordiques. Nous aimerions dire qu’elle est disponible, mais ce n’est pas le cas au Québec. Tant qu’il n’y aura pas de loi zéro émission, les constructeurs ne se sentirons pas obligé moralement d’en offrir davantage. À quoi bon être contre la voiture? Est-ce une bonne stratégie à adopter si l’on veut réellement réduire les GES, tout en améliorant la balance commerciale du Québec. On traite souvent les défenseurs de la voiture électrique de rêveurs en s’imaginant qu’un jour il pourrait y avoir des millions d’unités sur les routes d’Amérique du Nord. Combien y-t-il de voitures à essence en moins en circulation depuis 20 ans? Les GES ont-ils diminué ? Le transport en commun est certainement une des meilleures solutions permettant d’améliorer l’offre de transport et le bilan environnemental, mais cela n’a pas empêché le bilan net de GES de se détériorer, en plus de devenir dépendant du pétrole et des taxes sur le carburant. Pourquoi ne pas admettre qu’un changement technologique est une des solutions concrète et immédiate en ce qui concerne l’essence. L’Allemagne veut avoir 1 million de véhicules électriques sur ses routes en 2020! La liste des pays (incluant la Chine) qui investissent dans l’électrification des transports personnels ne cesse de s’allonger. Dix États américains représentant 28% de leur marché ont une loi zéro émission et la Chine s’apprête à en adopter une. Presque chaque mois voit sa nouvelle technologique bonifier la science des batteries. Pendant que nous sommes assis sur nos surplus d’hydroélectricité à bon marché, et que nous continuons à engraisser le Fond vert à un niveau de 3 milliards de dollars, nous nous payons le luxe de ne pas agir et de blâmer, encore une fois, le consommateur, lui qui ne demanderait qu’à se libérer du pétrole si on lui en offrirait la chance. Le gouvernement peut offrir cette chance en adoptant dès 2015 la loi zéro émission, le marché fera le reste.

François Bérubé
Coalition zéro émission Québec (CZEQ.org)

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La voiture électrique pour briser le cycle infernal du pétrole

9 février 2015

 

À un dollar le litre d’essence, soit près de 30% moins cher qu’en octobre 2014, on pourrait être tenté de tirer la conclusion que l’avenir de la voiture toute-électrique est menacé. Il va de soi que le consommateur économise sur son budget annuel d’essence et cela peut être une bonne nouvelle à court terme du simple point de vue des finances du consommateur. Pour un automobiliste qui roule 20 000 km par année, cela représente une économie d’environ 600$, ce qui n’est pas rien. Mais un automobiliste qui roule un véhicule tout-électrique économise annuellement environ 1 400$ si le litre demeure à un dollar, et 2 000$ si le litre revient au prix du mois d’octobre dernier. C’est encore mieux.

 

Le problème avec le pétrole, c’est que nous sommes toujours perdants. Lorsque le prix de l’essence descend, effectivement, cela est bon pour le consommateur, les compagnies de transport et les exportations; mais le dollar canadien descend aussi et cela est mauvais pour les importations, les taxes perçues sur l’essence et la péréquation du Québec. Dans tous les cas, la balance commerciale du Québec en prend pour son rhume. Bien que la valeur des importations de pétrole diminue, ce qui est une bonne chose en soit, la valeur des autres biens importés augmente, à cause de la baisse du dollar. Économiquement, au net, nous ne sommes pas gagnants. En bonus, il y a une pression pour consommer davantage d’essence en achetant de plus grosses cylindrées, aggravant ainsi encore plus tant le bilan environnemental que la balance commerciale. Bien sûr, on ne peut pas se réjouir lorsque le prix de l’essence augmente, mais lorsqu’il descend non plus. Tant que nous serons dépendants du pétrole, cela nous maintiendra dans ce cycle infernal, que le prix de l’essence soit haut ou bas. La voiture électrique est une façon de briser ce cycle.

 

L’autonomie limitée de la plupart des voitures électriques actuelles et leur temps de recharge sont des arguments qui font peur au consommateur non initié, et c’est compréhensible. Par contre, selon le groupe de travail de l’Université Laval sur l’électrification des transports (décembre 2014), la technologie d’aujourd’hui répond aux besoins de 80% des déplacements quotidiens en Amérique du Nord puisque ceux-ci sont inférieurs à 60 km. On sait déjà que dans deux ans de nouveaux modèles seront disponibles et offriront deux fois plus d’autonomie à un coût d’acquisition inférieur. Pour tous ces déplacements, la voiture électrique est plus pratique que la voiture à essence en ce sens qu’il n’est plus nécessaire de se déplacer pour faire le plein puisque les charges se font à la maison ou au travail.

 

Pour satisfaire à tous les déplacements, effectivement une amélioration des infrastructures actuelles de recharge sera nécessaire. La bonne nouvelle souvent ignorée, c’est que le réseau de distribution s’élargit plus rapidement qu’on ne le pense et il se développera davantage à mesure que l’industrie croîtra. On ne pourra pas briser le cycle du pétrole et réduire considérablement les gaz à effet de serre, sans avoir à investir dans des infrastructures; ce serait rêver en couleur.

 

Toujours selon la même étude, une flotte de 300 000 voitures électriques, soit l’objectif du Plan d’action 2011-2020 du gouvernement, représenterait une augmentation de moins de 0,5% de l’énergie électrique actuellement consommée par le Québec.

 

Certaines personnes prétendent qu’il n’est pas dans l’intérêt des finances de l’État d’avoir plus de voitures électriques au Québec puisque le gouvernement provincial perdrait trop de taxes sur le litre d’essence non vendu. Or, selon la Coalition Zéro Émission Québec (czeq.org), le passage à la voiture électrique peut être à coût nul pour l’État. En effet, les économies annuelles de carburant du consommateur (entre 1 400$ et 2 000$) sont en grande partie réinvesties dans l’économie locale et procurent 15% de recettes fiscales. Combinées à la taxe de vente sur le prix plus élevé des véhicules électriques et à la consommation d’électricité, ces trois sources de revenus compensent le manque à gagner des taxes sur le carburant. Qui plus est, chaque litre d’essence consommé au Québec a un impact négatif direct sur notre balance commerciale alors que l’énergie consommée par une voiture électrique augmente notre richesse collective. De plus, cette étude ne tient même pas compte des économies en soins de santé résultant de l’amélioration de la qualité de l’environnement et du coût de carbone calculé sur le cycle de vie complet de la voiture à essence.

 

Les incitatifs financiers provenant du Fonds vert, financés principalement par les taxes sur le carburant et par le nouveau marché du carbone Québec/Californie, sont importants tant pour encourager les consommateurs à acheter des voitures électriques que pour aider les fabricants dans leur R et D afin d’améliorer ces voitures électriques.

 

Cependant, pour avoir un réel impact sur l’électrification des transports, ces incitatifs financiers doivent être jumelés à une loi zéro émission obligeant les manufacturiers à offrir un pourcentage de leurs ventes en voitures électriques. Une telle loi existe déjà dans dix (10) états américains, dont la Californie, le Vermont et New York. La loi zéro émission est la principale pièce manquante du casse-tête actuel au Québec si nous souhaitons réellement briser ce cycle infernal qu’est notre dépendance au pétrole.

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La voiture électrique : une loi zéro émission pour économiser maintenant

La pierre angulaire du modèle d’affaires de la voiture électrique est l’autonomie des batteries. Le moteur électrique ne pose aucun problème de performance, bien au contraire. Les performances d’un tel véhicule, même moyen de gamme, contrairement à ce que l’on pourrait croire, sont supérieures ou égales aux véhicules à essence de même catégorie. Actuellement sur le marché québécois, on retrouve quelques modèles moyens de gamme dont le prix varie entre 30,000$ et 40,000$, moins une subvention de 8,000$ du gouvernement québécois. L’autonomie de la batterie varie entre 70 km et 160 km par charge en été, environ 30% de moins en hiver. Une recharge quotidienne de 50km dure environ 1 heure avec la technologie actuelle, tandis qu’une recharge rapide (400 volts) peut prendre 20 minutes. L’offre actuelle vise principalement les citadins, ils sont tout de même 70% à rouler moins de 50 km par jour! On parle donc de plusieurs centaines de milliers d’automobilistes dans toutes les grandes villes du Québec, plus de 500,000 particuliers à Montréal.

La technologie actuelle permet d’économiser environ 2,000$ par année en essence pour une utilisation moyenne de 20,000 km par année, incluant le coût de l’électricité. C’est beaucoup d’argent. Certains partis politiques aimeraient redonner 200$ par année aux ménages afin de soulager les contribuables et de stimuler l’économie. Imaginez l’impact que représenterait 4,000$ par année d’économie de carburant pour un ménage qui posséderait deux voitures électriques!

Maintenant, parlons du prix d’achat. Bien sûr, on peut acquérir une voiture à essence pour la somme de 15,000$. Mais tout comme moi, vous pouvez constater que sur nos routes il y a un nombre impressionnant de voitures dont la valeur est supérieure à 30,000$ ce qui est d’ailleurs proche du prix moyen payé selon Statistique Canada. Pour le moment, l’offre actuelle vise ces consommateurs, donc pour eux il y a véritablement une économie. Contrairement aux idées reçues, la voiture électrique est définie par de nouveaux critères qu’il faut maintenant considérer : coût d’entretien très faible (beaucoup moins de pièces), agrément de conduire d’une voiture sortie d’un film de science-fiction, une voiture complètement silencieuse, des accélérations impressionnantes, zéro émission et, en prime, un sentiment d’être à l’avant-garde et de protéger l’environnement.

Revenons aux chiffres, qui vont changer très rapidement. La technologie des batteries évolue à la même vitesse que la technologie des batteries de cellulaires et d’ordinateurs. L’an prochain seulement, au moins deux modèles offerts au Québec offriront une autonomie de près de 300 km par charge! De plus, les prix des voitures seront tous révisés à la baisse. Comme si ce n’était pas assez, le temps de recharge diminuera également. C’est une des raisons pourquoi les bornes de recharge dans les endroits publiques ne sont pas le seul enjeu important dans le déploiement de la voiture électrique, puisque la majorité des utilisateurs pourront recharger durant la nuit ou au travail. Pour ceux qui font de grandes distances, les nouvelles bornes de 400 volts seront disponibles, et ce à un tarif d’électricité supérieur afin de les rentabiliser.

En Californie et dans neuf autres états américains, la loi zéro émission force les manufacturiers automobiles à augmenter l’offre de voitures électriques. Au Québec, une telle loi permettrait de tripler le nombre de modèles offerts et aurait pour effet de stimuler la demande en plus de satisfaire la plupart des besoins des automobilistes (quatre roues motrices, berlines, sportives, microvoitures, etc.). De plus, le nombre de voitures en stock serait augmenté pour rencontrer les quotas fixés par la loi. D’ici quelques années, les pétrolières n’auront plus aucun argument pour décourager les consommateurs de prendre le virage électrique.

Une loi zéro émission permettrait au Québec de se démarquer et de faire encore mieux que les autres à cause du faible coût de l’hydro-électricité, une situation enviée par de nombreux pays dans le monde. Non seulement l’énergie est peu coûteuse, elle est renouvelable, non polluante et disponible, car comme l’expliquait le journaliste Francis Vailles de La Presse, la consommation d’électricité par recharge est si faible que 450,000 voitures consommeraient environ 1,68 térawattheure (TWh), soit à peine 15% des surplus d’Hydro-Québec Distribution en 2020. Une telle loi permettrait d’éliminer éventuellement la subvention québécoise, une mesure discutable mais essentielle pour changer les mentalités. Quoi qu’il en soit, les études démontrent que les acheteurs de VE le font surtout pour économiser de l’argent, et ceci est possible dès aujourd’hui.

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