La voiture électrique : une loi zéro émission pour économiser maintenant

La pierre angulaire du modèle d’affaires de la voiture électrique est l’autonomie des batteries. Le moteur électrique ne pose aucun problème de performance, bien au contraire. Les performances d’un tel véhicule, même moyen de gamme, contrairement à ce que l’on pourrait croire, sont supérieures ou égales aux véhicules à essence de même catégorie. Actuellement sur le marché québécois, on retrouve quelques modèles moyens de gamme dont le prix varie entre 30,000$ et 40,000$, moins une subvention de 8,000$ du gouvernement québécois. L’autonomie de la batterie varie entre 70 km et 160 km par charge en été, environ 30% de moins en hiver. Une recharge quotidienne de 50km dure environ 1 heure avec la technologie actuelle, tandis qu’une recharge rapide (400 volts) peut prendre 20 minutes. L’offre actuelle vise principalement les citadins, ils sont tout de même 70% à rouler moins de 50 km par jour! On parle donc de plusieurs centaines de milliers d’automobilistes dans toutes les grandes villes du Québec, plus de 500,000 particuliers à Montréal.

La technologie actuelle permet d’économiser environ 2,000$ par année en essence pour une utilisation moyenne de 20,000 km par année, incluant le coût de l’électricité. C’est beaucoup d’argent. Certains partis politiques aimeraient redonner 200$ par année aux ménages afin de soulager les contribuables et de stimuler l’économie. Imaginez l’impact que représenterait 4,000$ par année d’économie de carburant pour un ménage qui posséderait deux voitures électriques!

Maintenant, parlons du prix d’achat. Bien sûr, on peut acquérir une voiture à essence pour la somme de 15,000$. Mais tout comme moi, vous pouvez constater que sur nos routes il y a un nombre impressionnant de voitures dont la valeur est supérieure à 30,000$ ce qui est d’ailleurs proche du prix moyen payé selon Statistique Canada. Pour le moment, l’offre actuelle vise ces consommateurs, donc pour eux il y a véritablement une économie. Contrairement aux idées reçues, la voiture électrique est définie par de nouveaux critères qu’il faut maintenant considérer : coût d’entretien très faible (beaucoup moins de pièces), agrément de conduire d’une voiture sortie d’un film de science-fiction, une voiture complètement silencieuse, des accélérations impressionnantes, zéro émission et, en prime, un sentiment d’être à l’avant-garde et de protéger l’environnement.

Revenons aux chiffres, qui vont changer très rapidement. La technologie des batteries évolue à la même vitesse que la technologie des batteries de cellulaires et d’ordinateurs. L’an prochain seulement, au moins deux modèles offerts au Québec offriront une autonomie de près de 300 km par charge! De plus, les prix des voitures seront tous révisés à la baisse. Comme si ce n’était pas assez, le temps de recharge diminuera également. C’est une des raisons pourquoi les bornes de recharge dans les endroits publiques ne sont pas le seul enjeu important dans le déploiement de la voiture électrique, puisque la majorité des utilisateurs pourront recharger durant la nuit ou au travail. Pour ceux qui font de grandes distances, les nouvelles bornes de 400 volts seront disponibles, et ce à un tarif d’électricité supérieur afin de les rentabiliser.

En Californie et dans neuf autres états américains, la loi zéro émission force les manufacturiers automobiles à augmenter l’offre de voitures électriques. Au Québec, une telle loi permettrait de tripler le nombre de modèles offerts et aurait pour effet de stimuler la demande en plus de satisfaire la plupart des besoins des automobilistes (quatre roues motrices, berlines, sportives, microvoitures, etc.). De plus, le nombre de voitures en stock serait augmenté pour rencontrer les quotas fixés par la loi. D’ici quelques années, les pétrolières n’auront plus aucun argument pour décourager les consommateurs de prendre le virage électrique.

Une loi zéro émission permettrait au Québec de se démarquer et de faire encore mieux que les autres à cause du faible coût de l’hydro-électricité, une situation enviée par de nombreux pays dans le monde. Non seulement l’énergie est peu coûteuse, elle est renouvelable, non polluante et disponible, car comme l’expliquait le journaliste Francis Vailles de La Presse, la consommation d’électricité par recharge est si faible que 450,000 voitures consommeraient environ 1,68 térawattheure (TWh), soit à peine 15% des surplus d’Hydro-Québec Distribution en 2020. Une telle loi permettrait d’éliminer éventuellement la subvention québécoise, une mesure discutable mais essentielle pour changer les mentalités. Quoi qu’il en soit, les études démontrent que les acheteurs de VE le font surtout pour économiser de l’argent, et ceci est possible dès aujourd’hui.

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